rebus? Adolescent, je me passionnais pour les écritures secrètes. Je me souviens encore d’une note tout à fait imméritée obtenue un jour de concours, en version grecque, non que j’aie été particulièrement habile dans cette langue subtile, mais parce que je connaissais parfaitement le mécanisme de la scytale spartiate que mes camarades découvraient en VO, ou plus exactement dans la ''Vie de Lysandre'' de Plutarque, au chapitre XIX,8-12. Pour ceux que la cryptographie dans l'Antiquité intéresserait, je recommande un travail déjà ancien mais en ligne de Mme Brigitte Collard

Avoir ensuite appris les hiéroglyphes égyptiens, cela était-il la meilleure voie pour participer au développement des potentialités qu’offre à notre siècle Bitcoin ?

Pas certain , même si la Maison du Bitcoin s’est installée rue du Caire, même si certains textes égyptiens que nous ne savons toujours pas bien déchiffrer fonctionnent avec des rébus qui s’assimileraient à une redoutable clé privée, même si à Bletchley Park, où officiait Alan Turing, on avait jugé bon de réunir, avec force mathématiciens, des joueurs d’échecs, des cruciverbistes et des égyptologues. Ce n'était d'ailleurs pas la première rencontre entre l'archéologie et la cryptologie: Friedrich Kasiski, qui cassa le code de Vigenère à la fin du 19ème siècle était aussi archéologue !

Un hasard de la vie m’a permis de commencer ma vie professionnelle dans la Banque, puis, durant un quart de siècle d’exercer dans ce qui est un bon moyen de découvrir de nombreux métiers : l’investissement en capital, d’abord dans un groupe classique, puis en ayant fondé une société d’investissement pour le compte d’une coopérative solidaire et écolo qui voulait se transformer en banque. Dans ce dernier monde, je découvris la plus grande curiosité intellectuelle possible quant à la nature de l’argent, la plus paresseuse ignorance quant aux ressources qu’offrent les moyens de paiement d’aujourd’hui. C’est tout le problème des monnaies locales complémentaires, tant qu’elles en restent aux billets de Monopoly. Mais c’est ainsi que j’ai découvert Bitcoin.


De par ma formation d’historien, je regarde le monde différemment d’un technicien : sur le temps long, en cherchant - derrière les produits qui apparaissent – ce que les nouveaux services offerts induiront comme mutations de société mais en gardant à l’esprit les permanences de la nature humaine. Le trésor des siècles offre aussi l’occasion de bien des associations d’idées. Et en fait de « trésors », je suis aussi collectionneur, et tout ce qui touche au paiement, réel ou symbolique, entre dans la liste de mes intérêts.
Si bien des amis m’ont confessé avoir eu (jeunes surtout) peu de goût pour l’austère apprentissage des dates, j’ai acquis la conviction que peu de gens sont insensibles à leur propre histoire et à celle de leur communauté. Et qu’inversement il n’y a pas de vraie communauté sans production historique et réflexive. C’est l’une des ambitions de ce blog.


de la monnaie ! Généralement, on reconnaît l’historien à une forme de sagesse biblique un peu rasante : vanité des vanités, il n’y a rien de nouveau sous le soleil… et généralement je suis bien ainsi.

Avec Bitcoin, toutefois, j’ai pressenti presqu’instantanément qu’il y avait quelque chose de nouveau sous le soleil du vieil or monétaire, tant comme instrument pratique que comme scandale pour la réflexion sur la monnaie. Quand j'ai compris cela, je n'avais aucun bitcoin en poche, ni aucun intérêt d'aucune sorte, juste de la curiosité. Une chose m'a frappé : l'un des premiers grands sites marchands à accepter la nouvelle devise, Overstock, est dirigée par un Monsieur, Patrick M. Byrne qui a un Ph.D. de philosophie de Stanford et qui a étudié la langue et l'art chinois...

Bitcoin a déjà une riche blogosphère. Ici, point de nouvelles des nouvelles techno, mais avec votre soutien, un peu de recherche sur le sens de notre action.


La discipline économique n'est toujours pas sortie de sa passion infantile pour les mathématiques et les spéculations purement théoriques, et souvent très idéologiques, au détriment de la recherche historique et du rapprochement avec les autres sciences sociales. Thomas Piketty, Le capital au XXIème siècle, page 63