On peut aborder la chose avec humour. Le site BitConseil s'était déjà amusé à lister ces entreprises de la fintech qui fuient le mot bitcoin. Le site "Bitcoin.fr", cédant à l'air du temps, a évoqué "Celui dont on ne doit pas prononcer le nom" pour désigner la devise dont la simple mention effraie les directions bancaires, les régulateurs et les services de renseignement.

Celui dont on ne doit pas prononcer le nom

Quant à Patrice Bernard, il explique que le hold-up sur la Blockchain tourne à la farce. C'est assez mon sentiment.

Je voudrais donc demander si, sous le buzz futile de la Blockchain, l'année 2015 n'a pas, en réalité, été une (nouvelle) année du bitcoin ?

Certes on a beaucoup parlé Blockchain à partir de 2015. Cela se reflète dans les graphiques fournis par Google Trends, qui ne sont d'ailleurs pas des mesures de clic mais des chiffres de part relative dans les recherches...

Blockchain on Google

Mais si on a parlé "beaucoup" de la Blockchain, ce fut seulement dans un tout petit monde (celui des banques et des consultants), si on compare le buzz Blockchain (en bleu) au buzz Bitcoin (en rouge) :

Blockchain and bitcoin

Et il y a plus troublant encore. Mis à bonne échelle, celle de l'année 2015 seule, le bruit croissant de la Blockchain accompagne assez bien, semble-t-il, la hausse... du bitcoin.

le buzz le cours du bitcoin en 2015

Le bitcoin s'inscrit parmi les meilleurs placements de l'année 2015, et, comme l'a remarqué CNBC, il a été la seule devise globale à sur-performer par rapport au dollar. Sur les 5 dernières années, il a été la devise qui a connu plus forte appréciation 4 fois sur 5.

Non seulement le bitcoin est, comme je l'ai rappelé en parlant d'Alice de l'autre côté du miroir la seule devise réelle dans le cyber-espace, mais il est la vérité de la Blockchain, la Blockchain s'échappant de sa forme grossière de base de donnée dupliquée et rejoignant son concept.

Rassurez-vous, on peut dire la chose en vocabulaire moins hégélien.

36 titres de valeurC'est ce que faisait une artiste ambulante qui avait chois comme nom de scène "La Palma" et qui chantait lors de la crise des années 30, ces années 30 auxquelles nos années actuelles s'évertuent à ressembler furieusement.

En 1931 elle entonnait la Fortune une chanson (paroles de Pierre Alberty, musique d'Alcib Mario) qui reprenait le titre d'un film de Tristan Bernard. La voici, repiquée dans une magnifique compilation dont tous les titres font ma joie.

Depuis que l'monde est monde
Sur la machine ronde
De quoi parle-ton toujours et partout ? des sous !
Le vrai dieu de la terre,
Ce n'est pas un mystère
Celui que tous adorent encore
C'est toujours le Veau d'or

A cet égard, la fameuse "une" de The Economist, en quoi l'on a vu l'accession de la Blockchain au monde des grandes personnes, n'était pas si mal conçue. A vrai dire le dessin semble fait pour illustrer la chanson d'Alberty et Mario !

the economist

Le Veau d'or, le vrai dieu de la terre, se moque bien de savoir s'il faut appeler la chose bitcoin ou blockchain. Bitcoin n'a pas de nom, pas de forme. Croire que la blockchain est devant lui, derrière lui ou dans les choux c'est s'enliser dans un univers de représentation, dans un théâtre de carton-pâte. Bitcoin est mouvement et liberté.

Que 2016 soit une nouvelle année bitcoin !



Pour aller plus loin :